El Anillo de Picos en 7 jours
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Après avoir réalisé au mois de juin une version personnalisée de l’Anillo de Picos (AP) dans le parc des Picos de Europa, j’ai eu l’envie de partager cet itinéraire sur sept jours, notamment parce qu’il permet de voir quasiment la totalité du parc. Alors si comme moi vous n’avez qu’une semaine devant vous, c’est peut-être une option intéressante ! Je vous listerai également toutes mes astuces pour ce très beau trek.

NB. Les traces gps sont celles que j’ai enregistrées avec ma montre, à l’exception de la section de Bulnes.

En bref

Pour faire court, le trek de l’AP peut être considéré comme difficile. Il est parfois comparé au GR20, à juste titre selon moi, du moins en termes de technicité.

L’eau est un vrai problème car il y a peu de sources et les rivières sont souvent polluées par les animaux. Je vous conseille d’emporter au minimum trois litres d’eau par jour ainsi qu’un filtre ou des pastilles de chlore.

A contrario, la nourriture est très facile à trouver, puisque tous les refuges gardés vous proposeront des plats ou des tapas à des prix corrects (de 13 à 16€ pour le plat). On trouve même parfois des bières pression vraiment pas chères ! Nous n’avons jamais dormi en refuge et le bivouac est gratuit (contrairement au GR20). Si vous comptez dormir en refuge, réservez bien en avance sur leur site.

Si vous avez peur du vide, de l’escalade, et des passages chaînés, réfléchissez-y à deux fois, ce n’est pas un circuit pour les “débutants”, même si aucune difficulté n’est insurmontable.

Enfin, faites très attention aux cartes papier que vous pourrez trouver, certaines (comme la mienne, aux éditions Editorial Alpina) ne sont pas à jour et vous feront emprunter des passages dangereux. De même, vérifiez bien les fichiers gpx que vous trouverez en ligne.

L’influenceuse belge Floor Denil a publié un guide que j’ai pu consulter en discutant avec d’autres randonneurs, et qui m’a semblé être de très bonne qualité.

Petite note supplémentaire : quasiment personne ne parle anglais dans ces montagnes, c’est l’occasion de réviser vos bases d’espagnol du lycée !

Légende :

  • ⭐ Niveau de difficulté (1 à 3)
  • ⛓️ présence de chaînes
  • 🧗 passages de grimpette
  • 💧 sources d’eau présentes sur l’étape

Circuit complet

Si vous êtes pressé, voici la trace complète à télécharger directement. Ci-dessous, le détail de chaque étape, à télécharger individuellement, et tous les conseils qui vont avec.

Jour 1 - De Posada de Valdeón au refuge de Collado Jermoso

Si vous arrivez du nord de l’Espagne, comme c’est mon cas, Posada de Valdeón n’est clairement pas la ville la plus simple à atteindre en voiture. Néanmoins, c’est un excellent point de départ, avec hôtels et restaurants, et une très bonne ambiance. Beaucoup de sportifs s’y retrouvent. Nous avons laissé la voiture sur une place de parking pendant la semaine, même si ce n’est peut-être pas particulièrement recommandé.

L’étape n’est pas très technique, malgré un passage avec des chaînes assez tôt dans la journée. Par contre le dénivelé est brutal, avec notamment des portions à plus de 45% peu avant le refuge. Attention, il n’y a pas d’eau sur cette étape, veillez à en emporter suffisamment.

Jour 2 - Du refuge Collado Jermoso à Sotres

Cette étape se décompose en deux parties, d’abord l’on rejoint le refuge Cabaña Verónica, avant d’entamer une longue redescente vers le village de Sotres.

La première partie est certainement l’une des plus techniques du voyage. Entre les longs pierriers à traverser et surtout les passages sur les arêtes de grès qui forcent une attention de tous les instants, c’est assez épuisant mais le paysage en vaut la peine.

⚠️ Une fois passé Cabaña Verónica, un chemin est censé rejoindre le refuge Vega de Uriellu, cependant il a été détruit en 2023 et n’est toujours pas sécurisé, à l’été 2026. Cet itinéraire est extrêmement dangereux, nous avons renoncé à l’emprunter pour faire plutôt le grand tour par Sotres et je vous invite à faire de même.

Après le refuge, redescendre vers le téléphérique de Fuente Dé, et bifurquer avant la gare, vers l’hôtel Aliva. Avant d’arriver à Sotres, l’AP bifurque pour repartir dans la montagne vers le refuge Caseton de Andara. Nous avons décidé de ne pas suivre cette route, qui aurait nécessité un jour de voyage supplémentaire.

Sotres est très touristique, pensez à réserver une chambre à l’avance, il n’y a pas de camping et le bivouac serait compliqué aux abords du village. Nous avons dormi (en dortoir) à l’Auberge Peña Castil, que nous avons beaucoup aimé.

Jour 3 - De Sotres au refuge d’Uriellu

Cette étape est l’une des plus faciles techniquement. On remonte jusqu’au refuge d’Uriellu, en passant par le petit refuge de la Terenosa, où l’on peut recharger ses batteries et faire le plein de victuailles.

Le refuge d’Uriellu est un haut lieu de l’escalade, aussi les randonneurs y semblent moins à leur aise. Si vous en avez l’énergie, je vous recommande de pousser jusqu’au refuge suivant, del Jou de los Cabrones, où l’accueil nous a semblé meilleur. Attention cependant, il y a plusieurs difficultés en route, soyez donc sûr d’avoir l’énergie requise ! Si vous prenez cette option cependant, l’étape du lendemain sera peut-être un peu courte, sauf si vous décidez de dépasser Bulnes et de bivouaquer, ce qui peut être compliqué le long de la Ruta del Cares.

Jour 4 - D’Uriellu à Bulnes

Le début de la journée présente quelques difficultés, avec notamment une petite échelle à gravir et une crête venteuse à traverser. Au refuge del Jou de los Cabrones, pensez à reprendre des forces pour la suite, car vous aurez de nouveau deux beaux passages chaînés assez vertigineux. Mis à part ces difficultés, le reste de la journée est relativement facile et très plaisant.

Photo de l’échelle vue d’en haut
Photo de l’échelle vue d’en haut
Et le passage le plus délicat avec des chaînes
Et le passage le plus délicat avec des chaînes

À cause de ma carte papier défaillante, nous n’avons pas rejoint Bulnes, mais sommes descendus via le canal de Piedra Bellida dans les gorges, sur les bords du Rio Cares. Cet itinéraire n’est pas du tout adapté, ni agréable. La pente est très raide et l’on descend dans un pierrier pendant deux kilomètres. Si vous souhaitez à tout prix éviter le “détour” par Bulnes (qui est un magnifique village), vous pouvez retrouver ma trace dans l’article “sur le vif”.

Jour 5 - De Bulnes à Vega de Ario

Forcément, si vous avez dormi à Bulnes, cette étape va être longue. La première partie est cependant assez facile, puisqu’elle consiste à longer la magnifique Ruta del Cares. Lorsque vous arriverez à l’embranchement vers un chemin très abrupt pour monter au refuge, prenez le temps de continuer sur cinquante mètres, vers le pont qui traverse les gorges : la source d’eau est de l’autre côté.

Ensuite, prenez votre courage à deux mains : la montée est très longue et difficile. Une fois arrivé au sommet de la crête, soyez particulièrement attentif au tracé, il n’est quasiment pas matérialisé, mais part vers l’ouest. Il faut donc se déporter quelque peu.

Le refuge de Vega de Ario est celui où vous trouverez la meilleure nourriture et sans doute la bière pression la moins chère, profitez-en !

Jour 6 - De Vega de Ario à Vega Huerta

Cette étape est particulièrement longue et difficile pour deux raisons en particulier. La première partie, avant Vega de Vegarredonda, est difficilement navigable. Vous serez au milieu de gros blocs de roche et plusieurs sentiers s’entrecroisent. La règle d’or : suivez les points rouges.

Alors, vous le voyez ?
Alors, vous le voyez ?

De nombreux cairns vous aideront également à vous orienter.

Après le refuge de Vega de Vegarredonda, on remonte dans la partie très minérale du massif. À partir de la source, après le sommet, c’est un marquage jaune qui prend le relai pour nous guider jusqu’au refuge. Rapidement vous ne serez plus entourés que de pics de grès et de pierriers. À partir de là, c’est votre patience qui sera mise à rude épreuve, ainsi que vos compétences en escalade, car plusieurs passages sont escarpés et on marche souvent assez lentement dans les pierriers.

Cependant, la récompense est à la hauteur, puisque le refuge non gardé de Vega Huerta est charmant, ainsi que le paysage qui l’entoure. Attention, si vous comptez dormir dedans, il ne comporte que quatre places, cependant plusieurs emplacements de bivouac ont été aménagés tout autour.

Jour 7 - De Vega Huerta à Posada de Valdeón

Après ces six jours de randonnée, la dernière étape devrait vous sembler facile. Malgré quelques montées en tout début de journée, il s’agira en grande majorité de tout redescendre jusqu’à Posada de Valdeón, où vous n’aurez plus qu’à profiter d’une bière fraîche bien méritée !