Peyreleau - Cocures

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Deux mots. Il aura suffi de deux mots et d’une proposition à l’emporte-pièce, formulée par un papy du coin, rencontré quelques poignées de secondes sur le bord de la route : « et pourquoi tu ne fais pas le Mont Aigoual ? »

Voilà une idée excellente qui me prendra une soirée de replanification afin de produire un tracé correct. C’est donc décidé, ce matin, je me mets en route pour l’Aigoual, par la route du Causse Noir, réputée très belle.

Si les premiers lacets, dès la sortie du village - que dis-je, du gîte - sont violents, je constate néanmoins une nouvelle énergie dans mes jambes. Après trois jours de gestion, voilà qu’enfin la mécanique se décrasse, ce qui me permet de profiter un peu plus et de moins souffrir à la première côte venue.

Les vapeurs du matin traînent encore paresseusement sur le sommet des plateaux, mais, heureusement, aujourd’hui une vraie chaleur s’installe rapidement et chasse cette brume. On ne m’a pas trompé, la route est effectivement très belle, sublimée par les couleurs ardentes de l’automne.

Du village jusqu’au sommet, je monte quasi sans discontinuer pendant près de cinquante kilomètres. Mais ce n’est pas si dur, c’est surtout long. Comme par un hasard bien fait, dans le dernier kilomètre d’ascension, ce sont les Pixies qui m’accompagnent et me donnent un peu de hargne pour terminer. Dans l’ultime lacet, un vieux couple déjeune face à la vallée, table et chaises de pique-nique incluses.

Ayant pris l’habitude que tout soit fermé à cette saison, je suis agréablement surpris de trouver un petit café au sommet, où je peux me restaurer en terrasse. Pour la première fois depuis samedi, j’ai chaud, le soleil tape franchement. Je ne m’y laisse heureusement pas tromper ; avant de redescendre, la veste est de rigueur, il ne fait en réalité que dix degrés.

Une longue et agréable traversée de causse plus tard et je repique déjà sur Florac, par une descente vertigineuse qui finit par faire hurler mes disques de frein. Les tympans en feu, j’arrive donc dans cette ville que je n’aime pas.

Malgré tout, un arrêt s’impose, car j’ai pris un hôtel à Cocures, petit village charmant mais dans lequel il n’y a rien, au-delà dudit hébergement. Une rapide balade et une bière de fin d’étape, aucun regret de ne pas dormir ici. La mauvaise impression que j’avais eue lors du GR70 se confirme.

C’est donc sans me retourner que je file vers mon hôtel, à seulement vingt minutes de là. Ce dernier effort sous l’emprise, légère, de l’alcool est assez destructeur. À peine les formalités effectuées, je me retrouve à faire l’étoile de mer sur un lit bien trop luxueux pour un cycliste puant et transpirant.

Après une bonne douche, je m’offre une visite du village, mais plus important encore, un moment de lecture au coin du feu…