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Je me réveille dans mon lit de pensionnaire, en forme. Les séquelles de ma petite mésaventure sont toujours là, mais je sens que mon corps est reposé. Je déjeune de pain et de tisane, sous l’œil bienfaisant des bénévoles qui encadrent le gîte. On me souhaite bonne route et bon courage, j’en aurai besoin, pour me remettre.
La descente vers La Bastide est facile. Petit arrêt pharmacie et me voilà armé de Smecta et d’électrolytes pour partir à l’assaut de ma journée ! J’achète aussi un peu de compote, qui fait partie de la liste très restreinte des aliments qu’on m’autorise. J’ai toujours un morceau de ce bon saucisson dans mon sac et il commence à me manquer.

Je ne prévois qu’une petite étape, l’objectif est de vérifier que je tiens la route, rien de plus. De la pluie est prévue pour quatorze heures, je vais essayer d’arriver avant à Chasseradès, à quinze kilomètres d’ici.
La randonnée est tranquille, dans des sous-bois puis sur une large ligne de crête, dans un champ d’éoliennes. Rien de spectaculaire ou flamboyant, mais d’un charme discret, comme bien des paysages rencontrés jusqu’à présent.

Je m’arrête à l’Hôtel des Sources, un peu miteux, mais le moins cher du village. On verra plus tard pour dormir dehors à nouveau. Il n’est que treize heures, tant de temps libre devant moi est inhabituel. Il est finalement vite occupé par un déjeuner (de pain et de compote) suivi d’une préparation des jours à venir. Malheureusement, je dois abandonner mon fonctionnement au petit bonheur la chance, car de grosses pluies sont prévues en début de semaine, pas question de marcher huit heures là-dessous.
Un petit tour dans le village me permet d’acquérir quelques denrées supplémentaires (du pain, et de la compote, donc). On m’apprend que l’église possède un four à pain, construit à la hâte en 1943 pour échapper aux réquisitions de blé de la Wehrmacht. On m’explique comment y accéder, par un escalier de bois et une porte dérobée. J’adore ce genre de petits secrets.
De retour à l’hôtel, j’entame enfin mon journal que je bringuebale plié en quatre dans un sac étanche depuis mon départ. En face de moi, le propriétaire et un ami agriculteur discutent, dans des vapeurs de pastis et un nuage de cigarillos.
J’ai un petit taboulé pour ce soir. Je crois que cette deuxième nuit en “dur” va finir par me requinquer complètement !

