
The cyclist diary
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Est-ce La Malédiction des Cabanes Forestières qui frappe ? J’ai encore mal dormi. Le pathogène récalcitrant qui m’habite a encore fait des siennes. Pourtant, la nuit était belle, la lune presque pleine et les trous dans le plafond formaient autant d’étoiles dans mon ciel.
Je prends le temps faire un café devant les sapins qui sont en feux dans le soleil levant. Je suis évidemment couvert de suie malgré mes mille précautions hier soir.
Encore une nuit d’un sommeil lourd et sans rêves. Cependant ce matin je me sens réellement plus en forme, au point de m’autoriser un bol du café façon jus de chaussette, servi par le patron. Les nouvelles vont très vite sur le GR. Au petit-déjeuner : “J’ai été malade avant-hier… -Ah oui, c’est toi qui a bu dans l’étang ?!”. Certains ont manifestement vendu la mèche.
Je discute assez longtemps avec deux comparses qui étaient au dortoir, puis chacun vaque à ses occupations. Mes affaires sont déjà prêtes, je file sur le sentier. La forme est décidément très bonne, j’ai pu manger, les trente kilomètres prévus aujourd’hui ne devraient pas poser de problème.
Je me réveille dans mon lit de pensionnaire, en forme. Les séquelles de ma petite mésaventure sont toujours là, mais je sens que mon corps est reposé. Je déjeune de pain et de tisane, sous l’œil bienfaisant des bénévoles qui encadrent le gîte. On me souhaite bonne route et bon courage, j’en aurai besoin, pour me remettre.
La descente vers La Bastide est facile. Petit arrêt pharmacie et me voilà armé de Smecta et d’électrolytes pour partir à l’assaut de ma journée ! J’achète aussi un peu de compote, qui fait partie de la liste très restreinte des aliments qu’on m’autorise. J’ai toujours un morceau de ce bon saucisson dans mon sac et il commence à me manquer.
Ce joli petit bivouac avait tout pour être parfait, en tout cas un parfait cauchemar. L’eau de l’étang s’est avérée plus coriace que mon filtre, qui, pourtant, garantit une eau pure. À minuit, je me réveille avec d’intenses coliques, je tremble comme une feuille, puis je sue à grosses gouttes. Ça va mal ! Je passe les trois heures suivantes dans un délire cauchemardesque, à me lever pour aller me vider dans la nature, puis à revenir grelotter dans mon duvet, sans même prendre la peine d’enlever mes chaussures. Les chevreuils sont bien étonnés du spectacle.
Une drôle de colique m’a animé toute la nuit, la faute à une eau de rivière trop saumâtre ? Ça ne m’empêche pas de me lever de bonne humeur et de préparer du (vrai) café face au soleil qui se lève à peine.
La descente vers Pradelles est facile et je suis d’excellente humeur. Le village m’accueille sous un beau soleil et j’en profite pour faire le tour des vieilles bâtisses. Je trouve une boîte à livres, qui sera le nouveau domicile du Hussard que j’ai fini hier.




