
The cyclist diary
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Un rapide coup d’œil derrière l’épais rideau bleu de ma chambre d’hôtel donne le ton de la journée : je marche ! Un beau rectangle de ciel azur se découpe au-delà des hauts pans de murs ocre de l’hôtel, et tout à coup ma déprime d’hier me semble ridicule. Je m’étonne encore aujourd’hui de l’effet que produit le soleil sur un randonneur.
Le sempiternel “gruau” est préparé et avalé en quelques minutes. La pièce est emplie de l’humidité dégagée par mes affaires trempées d’hier. J’aère, je range, j’ai hâte de partir. Le patron de l’hôtel me voit arriver en souriant : “alors, vous y allez ?”, je suis ravi de pouvoir lui dire oui. Moi ? Abandonner ? Mais quelle drôle d’idée m’est passée par la tête.
Malgré les excès, la nuit a été bonne. Pour une fois, les prévisions météorologiques se sont avérées correctes et dès notre réveil, il pleut. Cette pluie me suivra toute la journée, parfois légère, parfois lourde et dense.
Nous prenons un petit-déjeuner copieux, tout le monde est du bonne humeur, malgré la journée qui nous attend. À peine les aux revoirs de vigueur dispensés, on met les ponchos, capes et autres pantalons de pluie, prêts à affronter le dehors.
J’ai l’impression de n’être qu’une ombre dans ce gîte, n’ayant pris ni dîner, ni petit-déjeuner, je dois me faufiler parmi les convives jusque dans la salle commune pour aller grignoter mes victuailles. Un bon sommeil m’a mis en forme pour cette longue journée. Départ à 8h30.
Je pensais m’arrêter aujourd’hui à Cassagnas. Bien m’en a pris de réserver un gîte au village suivant, car cette première matinée de randonnée est assez fade. On suit souvent la route, dans des sous-bois à la vue bouchée. Tout juste entends-je le vrombissement lointain des bolides de rallye lancés à pleine vitesse dans les raidillons cévenols.
Est-ce La Malédiction des Cabanes Forestières qui frappe ? J’ai encore mal dormi. Le pathogène récalcitrant qui m’habite a encore fait des siennes. Pourtant, la nuit était belle, la lune presque pleine et les trous dans le plafond formaient autant d’étoiles dans mon ciel.
Je prends le temps faire un café devant les sapins qui sont en feux dans le soleil levant. Je suis évidemment couvert de suie malgré mes mille précautions hier soir.
Encore une nuit d’un sommeil lourd et sans rêves. Cependant ce matin je me sens réellement plus en forme, au point de m’autoriser un bol du café façon jus de chaussette, servi par le patron. Les nouvelles vont très vite sur le GR. Au petit-déjeuner : “J’ai été malade avant-hier… -Ah oui, c’est toi qui a bu dans l’étang ?!”. Certains ont manifestement vendu la mèche.
Je discute assez longtemps avec deux comparses qui étaient au dortoir, puis chacun vaque à ses occupations. Mes affaires sont déjà prêtes, je file sur le sentier. La forme est décidément très bonne, j’ai pu manger, les trente kilomètres prévus aujourd’hui ne devraient pas poser de problème.




