
The cyclist diary
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Je me réveille dans mon lit de pensionnaire, en forme. Les séquelles de ma petite mésaventure sont toujours là, mais je sens que mon corps est reposé. Je déjeune de pain et de tisane, sous l’œil bienfaisant des bénévoles qui encadrent le gîte. On me souhaite bonne route et bon courage, j’en aurai besoin, pour me remettre.
La descente vers La Bastide est facile. Petit arrêt pharmacie et me voilà armé de Smecta et d’électrolytes pour partir à l’assaut de ma journée ! J’achète aussi un peu de compote, qui fait partie de la liste très restreinte des aliments qu’on m’autorise. J’ai toujours un morceau de ce bon saucisson dans mon sac et il commence à me manquer.
Ce joli petit bivouac avait tout pour être parfait, en tout cas un parfait cauchemar. L’eau de l’étang s’est avérée plus coriace que mon filtre, qui, pourtant, garantit une eau pure. À minuit, je me réveille avec d’intenses coliques, je tremble comme une feuille, puis je sue à grosses gouttes. Ça va mal ! Je passe les trois heures suivantes dans un délire cauchemardesque, à me lever pour aller me vider dans la nature, puis à revenir grelotter dans mon duvet, sans même prendre la peine d’enlever mes chaussures. Les chevreuils sont bien étonnés du spectacle.
Une drôle de colique m’a animé toute la nuit, la faute à une eau de rivière trop saumâtre ? Ça ne m’empêche pas de me lever de bonne humeur et de préparer du (vrai) café face au soleil qui se lève à peine.
La descente vers Pradelles est facile et je suis d’excellente humeur. Le village m’accueille sous un beau soleil et j’en profite pour faire le tour des vieilles bâtisses. Je trouve une boîte à livres, qui sera le nouveau domicile du Hussard que j’ai fini hier.
Une lune qui brille, des étoiles plein le ciel, des merles puis des chouettes… Voilà le résumé d’une nuit de bivouac réussie. À la nuance près qu’elle a été très humide, à cause, de la rivière et que tout est trempé ce matin. Qu’importe, je plie bagage, je ferai sécher tout au soleil à midi.
Le bon gars d’hier soir, qui était féru de vieilles pierres, comme moi, m’a indiqué que l’on pouvait suivre un peu le court d’eau par le GR3 pour découvrir le “premier château de la Loire”. Il me vente le tableau, me fait saliver à grand renfort de superlatifs et d’onomatopées. Il a réussi à me faire envie, alors je me détourne de Stevenson pour aller voir ce fameux château, perché au sommet d’une ancienne cheminée volcanique.
Une bonne nuit réparatrice et un petit-déjeuner continental plus tard et me voilà sur pied pour attaquer la journée. J’achète un pain aux noix pour compléter mes provisions, avant de prendre la route vers le Monastier.
Certains disent que cette étape est optionnelle, car elle ne correspond pas au tracé de Stevenson. C’est vrai, mais elle est dans le topo guide, et je suis tatillon.




