Pour la seconde fois, je m’attelle à la fabrication d’un sac de randonnée. C’est un projet qui semble, pour beaucoup, difficile, voire insurmontable. En réalité, avec un minimum de patience et d’équipement, il s’agit d’un projet plutôt abordable. De là à dire que je le recommande à un.e couturier.ère débutant.e, non ! Mais si l’on possède quelques notions de base, comme c’est mon cas, pourquoi ne pas se lancer dans cette petite aventure ?
C’est la première question qui nous vient en tête : pourquoi ? Il existe en effet dans le commerce, de nombreuses marques, qui proposent tout autant de modèles. Pour hommes, femmes, pour 3 jours, 6 jours, 10 jours, de 5 à 85 litres… N’y allons pas par quatre chemins : si vous voulez trouver votre bonheur dans le commerce, vous pouvez ! Il existe une offre pléthorique, renouvelée quasiment à chaque saison. D’ailleurs, mes premiers sacs à dos étaient bien évidemment ceux de grandes marques.
Lorsque l’on décide de fabriquer son sac, ce n’est donc pas pour inventer quelque chose de foncièrement nouveau, ni même de (beaucoup) mieux que ce qui se fait dans le commerce. C’est plutôt pour créer quelque chose qui vous ressemble parfaitement, aussi bien en termes de couleurs que de matériaux, de fonctionnalités ou encore de morphologie. Car, oui, un sac à dos “maison” est forcément cousu sur-mesure. Pas question ici de fabriquer de complexes systèmes de réglages comme ceux du commerce : on mesure la longueur de son dos et on adapte le patron ! C’est à la fois plus contraignant, mais aussi plus léger et parfaitement adapté à votre taille.
Coudre son sac, ce n’est pas non plus moins cher, comme on a souvent tendance à le penser. Ou du moins, ce n’est pas moins cher qu’un sac Decathlon milieu de gamme. Par contre, c’est moins cher qu’un Atom Packs (qui est ma marque préférée), pour une qualité relativement équivalente, si l’on est soigneux.
Vous pouvez tout à fait vous lancer dans la création de votre propre patron de sac à dos - il existe même des outils adaptés. Cependant, notamment si c’est votre premier, je vous conseille le modeste investissement que représente l’achat d’un patron. Personnellement, je suis conquis par ceux de Prickly Gorse, un Anglais mordu de randonnée, qui propose ses réalisations, testées et approuvées sur le terrain (par moi, entre autres).
Sachez néanmoins que certains de ses patrons plus simples sont disponibles gratuitement, si vous voulez vous faire la main avant d’attaquer un plus gros projet.
Dans cette série, je vous partage la réalisation du sac de randonnée de 40 litres avec plaque dorsale. J’ai réalisé il y a deux ans le modèle de 60 litres, que je trouve formidable mais un tout petit peu trop grand et flashy, car je l’avais cousu avec des chutes de toutes les couleurs.

Pour le tissu, c’est la même histoire. Techniquement, vous pouvez sans doute vous tourner vers un fournisseur classique, tel que Mondial Tissu par exemple. Cependant vous n’y trouverez que des tissus très basiques, pas forcément résistants ni imperméables. Aussi, je vous conseille de vous tourner vers des sites spécialisés - et il en existe peu - tels que extremtextil. C’est à mon sens le seul revendeur européen vraiment valable pour ce genre de matériaux. Ils sont peu chers, et c’est une véritable caverne d’Ali Baba sur laquelle on a vite fait de perdre des après-midi entières.

Malheureusement, il vous en coûtera entre 10 et 20€ de frais de port depuis l’Allemagne pour recevoir votre précieux colis… Et encore, une semaine plus tard ! Pensez donc à commander suffisamment de tissu et d’accessoires, voire un peu de rab.
Quand je parle d’accessoire, il s’agit de tous ces petits “trucs” en plastique qui ornent les sacs : boucles, passants, crochets en tout genre. Sans oublier les sangles et autres fermetures éclaires.
Prickly Gorse donne pas mal de conseils sur les matériaux à utiliser pour chaque pièce du sac. Globalement, retenez que le X-pac et l’Ecopak sont deux excellents choix. Ces matériaux sont assez rigides, imperméables et très résistants à l’abrasion, tout en restant incroyablement légers. Des caractéristiques qui en font naturellement des choix idéaux pour un sac de randonnée.
Il serait impensable de parler couture sans parler de machine à coudre ! Ici, bonne nouvelle, vous pouvez coudre votre sac avec quasiment n’importe quelle machine, du moment qu’il ne s’agit pas d’un jouet de chez Action. J’ai utilisé aussi bien une vieille machine des années quatre-vingt qu’une machine numérique moderne et dans les deux cas le résultat était à la hauteur. Ce à quoi vous devrez faire le plus attention est l’épaisseur maximale acceptable par votre machine, car lors de la couture des bretelles, ça peut vite devenir important !

Si vous avez lu jusque là, c’est que vous êtes sérieusement intéressé.e par la création de ce sac ! Maintenant que tout le nécessaire est réuni, il est temps de passer à la réalisation.
