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Malgré les excès, la nuit a été bonne. Pour une fois, les prévisions météorologiques se sont avérées correctes et dès notre réveil, il pleut. Cette pluie me suivra toute la journée, parfois légère, parfois lourde et dense.
Nous prenons un petit-déjeuner copieux, tout le monde est du bonne humeur, malgré la journée qui nous attend. À peine les aux revoirs de vigueur dispensés, on met les ponchos, capes et autres pantalons de pluie, prêts à affronter le dehors.
Je pars seul, et le reste toute la journée. Personne, pas un chat, pas de jolis paysages, que de la pluie, du brouillard, des nuages bas. Bleue, grise et verte est cette journée. Beaucoup de kilomètres sur l’asphalte.

Je ne vois pour ainsi dire rien, tout se joue au mental, il n’y a rien d’autre à faire que de trouver des sujets de réflexion à examiner, évaluer, synthétiser, jusqu’au dégoût. À Saint-Julien-Ville-Française, je m’arme de “bisous à la fraise” pour me donner du courage.
À Saint-Jean-du-Gard, le chemin s’est transformé en un profond torrent, j’ai de l’eau jusqu’aux chevilles. Un petit hôtel au centre-ville m’attend, car je souhaite visiter le musée, mais nous sommes lundi et qu’il est fermé.
La pluie redouble d’intensité, c’est un déluge désormais qui s’abat sur la ville, toute vie à l’extérieur semble suspendue, on regarde aux fenêtres en se demandant “quand est-ce que ça finit ?”. Le moral n’est pas très bon après une étape pareille, je me demande si je ne vais pas m’arrêter là, car après tout, c’est bien le point de chute de Stevenson et de son âne Modestine.
Je me prépare un petit dîner bien régressif à base de Pélardon, pain, chips et bière, afin de mener à bien cette réflexion, mais je sens que je n’arriverai à prendre ma décision que demain matin, en fonction de la couleur du ciel.

