Une bonne aventure ne peut raisonnablement pas commencer sans un interminable voyage en train. C’est une constante absolue, inutile d’essayer d’y déroger. Pour se rendre de Bordeaux au Puy-en-Velay, point de départ actuel du chemin, il faut passer par Paris, changer de Montparnasse pour la gare de Lyon, redescendre à Saint-Étienne puis enfin sauter dans un tortillard qui suit avec précision les méandres de la Loire pour arriver à destination. Au total, une bonne journée de dix heures de trajet.
Je m’étais donné pour mission de terminer Le Hussard sur le toit ; j’ai gagné une migraine incroyable sans pour autant en venir à bout. Je tiens bon néanmoins, car il est hors de question de le trimbaler pendant 270 kilomètres dans mon sac : je voudrais le déposer au plus vite dans une boîte à livres.

Un rapide tour du Puy, après avoir posé mon sac à l’hôtel, me fait réaliser que j’ai sous-estimé la beauté de cette petite ville encaissée, dont l’activité semble ne tourner qu’autour de la dentelle, des lentilles et du chemin de Compostelle. C’est par conséquent un brin trop touristique, mais je me régale malgré tout des vieilles rues pavées de roche volcanique.
Le dîner est vite expédié. Je suis épuisé et veux avant toute chose m’offrir une bonne nuit de sommeil, car la journée s’annonce longue demain. À vue de nez, pas loin de trente kilomètres.

